SAINTS ET BIENHEUREUX AYANT EU UNE VIE CONJUGALE TOURMENTEE,
priez pour nous, soyez pour nous des modèles et des guides !



Bienheureux Amédée  (1435-1472)
Duc de Savoie, Amédée IX épouse, à dix-sept ans, la sœur du roi Louis XII, Yolande de France, à qui il est promis depuis sa naissance. Ils forment un couple uni et sept de leurs enfants survivent. Atteint d'épilepsie, il en accepte les nombreuses crises comme une participation à la souffrance du Christ. Il est grandement assisté par son épouse dans l'exercice du pouvoir, avec sagesse et justice. Finalement obligé d'abdiquer en sa faveur, il se consacre à la foi et à la charité. Il mourra à trente-sept ans, laissant à sa famille de saintes  recommandations.
Dans son royaume, on disait : " Il fait meilleur être pauvre que riche ". Leur fille Louise sera également bienheureuse. A travers lui sont honorés tous les pères de famille. Béatifié en 1677 suite à une demande faite par saint François de Sales en 1612.

Sainte Anastasie (+ 304)
Romaine de naissance, elle est mariée par son père à un débauché nommé Publius. Quand celui-ci apprend que, vêtue pauvrement, elle visite les chrétiens emprisonnés, il la fait jeter en prison pour qu'elle y meure et qu'il puisse jouir de sa dot. Saint Chrysogone fait son éducation chrétienne et la console. Son mari meurt en fait avant elle. Elle sera martyrisée au moment de la persécution de Dioclétien contre les chrétiens.

Sainte Angèle de Foligno (1248-1309)
Native d'Ombrie, cette épouse et mère de famille vit dans la richesse et la frivolité. Profondément tourmentée par sa vie d'adultère, elle se confesse à saint François d'Assise qui lui est apparu.  Une profonde conversion la fera entrer dans le Tiers-Ordre franciscain, après la mort successive de son mari et de leurs fils. Cette mystique vivra alors dans la pauvreté et la continence. Le pape François vient de la canoniser (canonisation dite "équipollente", une procédure rare pour une personne déjà vénérée comme sainte mais jamais encore canonisée officiellement).

Sainte Anna-Maria Taïgi  (1769-1837)
Anna Maria Giannetti, très jeune encore, épouse Dominique Taigi, un homme travailleur et sérieux, mais rude et très coléreux. Son directeur spirituel lui dit : " Le Seigneur vous veut dans l’état conjugal pour que vous vous y sanctifiiez et soyez ainsi un exemple pour celles qui partagent ce même état dans ces temps troublés." Anna-Maria fait alors preuve d'une immense patience envers Dominique pour supporter son caractère aigri et difficile. Elle ne fait rien sans la permission de son mari mais, de son côté, celui-ci accepte l'aventure spirituelle de son épouse et ne s'oppose pas à la grâce de Dieu. En effet la vie d'Anna-Maria est un torrent de grâces mystiques: extases, visions, prescience. Dieu fait irruption qu'elle soit dans sa cuisine ou en pleine lessive. Avec familiarité, elle Lui demande : "Laissez-moi, Seigneur, je suis mère de famille ! "(ils ont sept enfants, dont trois meurent en bas âge). Dominique aime son épouse et en est fier. " Elle parlait de Dieu, dira-t-il, sans devenir ennuyeuse comme le sont beaucoup de dévotes." Et aussi : "Ma maison, aussi longtemps que ma femme vivait, m'a semblé être un paradis." Durant ses vint dernières années, elle sera privée de consolations spirituelles, épreuve qu'elle offrira. Le pape Benoît XV la nommera protectrice spéciale des mères de famille.

Miracle de saint Antoine de Padoue
Une pieuse femme, qui rendait des services aux Frères Mineurs en faisant leurs commissions, dut rentrer un soir chez elle assez tard. Son mari, homme rustre et violent, se mit à l'injurier, à la frapper et à la maltraiter si fort qu’elle s'évanouit ; ce dont il profita pour couper sa superbe chevelure. Le lendemain, Antoine, miraculeusement averti par le Seigneur, vint chez la pauvre femme qui pleurait, pour  la consoler et l’exhorter à la résignation. Il lui promit d’intercéder pour elle auprès de Dieu. Rentré au couvent, il fit assembler tous les frères à la chapelle et se mit en prières avec eux. Les cheveux de la femme repoussèrent instantanément aussi beaux et aussi longs qu'avant.


Bienheureuse Carmen de l'Enfant Jésus (1834-1899)
Maria Carmela González Ramos García Prieto a une grande dévotion envers la Vierge Marie et l'Eucharistie. Elle est aussi appréciée pour son amour des pauvres auxquels elle rend service. Mariée à 22 ans à Joaquin Muñoz del Caño, elle montre sa générosité et sa patience envers son mari pendant vingt ans, jusqu'à ce qu'il lui demande pardon pour sa vie dissolue. Il meurt quatre ans plus tard. Veuve et sans enfant, elle ouvrira une école dans sa maison pour les enfants pauvres puis fondera, en 1884, la congrégation des Sœurs des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie.

Sainte Catherine de Gênes (1447-1510)
Mariée, à seize ans, à un noceur incorrigible et coureur reconnu, elle est tiraillée entre le désir d'une existence donnée à Dieu, et les joies que lui procure la vie mondaine et qui compensent un peu la rudesse de son époux. Sur les conseils de sa sœur religieuse, elle se confesse. Jésus lui apparaît portant sa croix et couvert de sang. L'Eucharistie deviendra alors la seule nourriture de son corps pendant plus de vingt ans. Son mari, impressionné, changera de vie et tous deux se consacreront au soin des malades.

Sainte Catherine de Suède  (1322 - 1381)
Fille de sainte Brigitte, elle est contrainte par son père à épouser Edgar Lydersson, un homme invalide dont elle s'occupe avec un grand dévouement ; noble et vertueux, il consentira à garder avec elle le vœu de virginité et acceptera qu'elle rejoigne sa mère à Rome. Quand il meurt pieusement en 1350, elle reste avec Brigitte à Rome où elle mène une vie de grande piété, refusant des prétendants qui iront jusqu'à tenter de l'enlever à cause de sa beauté. Elle reviendra en Suède ensevelir sa mère au couvent de Watzen (Vadstena) dont elle deviendra abbesse.Elle fondera aussi l'Ordre du Très-Saint-Sauveur, les brigittines.

Sainte Clotilde de Burgonde (475-545)
Fille de Chilpéric, roi catholique de Bourgogne, elle est demandée en mariage par Clovis, roi des Francs, en 493, qui l'aime mais reste violent et barbare. Clovis consent au baptême de leur premier-né, mais celui-ci meurt. A la colère du roi : « C’est votre Dieu qui est la cause de la mort de l’enfant; si je l’avais consacré aux miens, il vivrait encore. », Clotilde répond, au cœur de son chagrin : "Je remercie Dieu de ce qu’Il m’a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le Ciel." Leur deuxième enfant, Clodomir, est baptisé et tombe lui aussi malade ; mais il guérit. A la bataille de Tolbiac, en 496, les Francs plient, quand Clovis s’écrie : "Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et Tu seras mon Dieu  !" et obtient la victoire. Il est baptisé le 25 décembre par saint Remi, à Reims ; c'est le signal du baptême de la nation entière. Clovis meurt en 511 et Clotilde, dégoûtée du monde, éprouvée par la violence de ses quatre enfants, quittera la cour pour aller finir sa vie dans les larmes, les prières et les aumônes, près de la basilique Saint-Martin, à Tours, ne voulant plus être considérée comme reine, mais comme servante de Dieu. Celle qui obtint par sa douceur et sa patience la conversion de son époux, est priée pour la conversion des maris qui n'ont pas la foi.


David, roi d'Israël  (Xe siècle av. Jésus-Christ)
C'est lui qui, dans sa jeunesse, l'emporta sur le géant Goliath avec sa fronde. Devenu roi d'Israël, il désira Bethsabée, épouse de l'un de ses officiers qu'il fit tuer au combat. Le prophète Natan lui fit prendre conscience de son péché, dont il se repentit : "J'ai péché contre Yavhé". C'est à lui qu'on attribue la plus grande partie des Psaumes. Il est le père de Salomon, né de son mariage avec Bethsabée.
Il est l'ancêtre de Jésus Christ, "fils de David" par Joseph et Marie, ainsi que le Seigneur le lui avait promis.

Bienheureuse Dorothée de Montau (1347-1394)
Dorothée est contrainte de se marier à 16 ans, avec Adalbert, un homme sujet aux accès de colère. Elle parvient peu à peu à le ramener à de meilleurs sentiments, à force de bonté et d'humilité. Ils ont neuf enfants dont une seule survit, qui devient religieuse. Lorsque Dorothée connaît ses premières visions et extases, il ne veut d'abord pas la croire, puis finit pas l'accompagner dans ses pèlerinages. A la mort de son époux en 1390, Dorothée se retirera du monde, vivant recluse dans une cellule attenante à la cathédrale de Marienwerder, où de nombreuses personnes viendront à elle. Elle deviendra une des patronnes de la Prusse.

Bienheureuse Elisabeth Canori Mora (1774-1825)

Romaine,  Élisabeth épouse en 1796 un jeune avocat qui, quelques mois seulement après le mariage, la trahit, l'éloigne de sa famille et dissipe tout le patrimoine. Elle supporte avec patience les tromperies et la violence physique et psychologique de son mari, la perte de deux enfants, les soucis d’argent et l’animosité cruelle de ses proches. Elle s'occupe attentivement de leurs deux filles, et a une attention toute particulière aux familles en difficulté. Tertiaire de l’Ordre des Trinitaires, elle offre sa vie au Seigneur pour la conversion de son mari, le salut des pécheurs, la paix et la sainteté de l’Église. Après sa mort, son mari se convertira comme elle l'avait prédit.
"Au milieu de nombreuses difficultés conjugales, elle a montré une totale fidélité à l'engagement pris par le sacrement du mariage et aux responsabilités qui en découlent." Homélie de Jean-Paul II, lors de sa béatification le 24 avril 1994, durant l'année de la Famille.
L'exemple d'Elisabeth Canori Mora est un encouragement puissant pour les foyers en difficulté. Il rappelle qu'on ne doit jamais désespérer de la miséricorde de Dieu et témoigne de la fidélité du Seigneur “Auteur et Gardien du mariage” qui, dans les situations les plus difficiles, donne à chacun la grâce dont il a besoin.

Sainte Elisabeth du Portugal ou Isabelle d'Aragon (1271-1336) 
Elle épouse à 12 ans le roi Denis du Portugal qui l'aime mais accumule les maîtresses et est jaloux de l'amour qu'elle porte à leurs deux enfants. Elle éduque les enfants illégitimes de son mari comme ses propres enfants. Elle reste une épouse discrète et attentive, s'efforçant de faire aimer son époux de ses sujets et le réconciliant par deux fois avec leur fils Alphonse qui avait pris les armes contre son père. A la mort de son mari, elle se retirera chez les clarisses de Coimbra, le couvent qu'elle a fondé.

Sainte Ella (1261)
Elle est l'épouse de Guillaume, frère de Richard Cœur de Lion. Malgré les infidélités de son mari, elle garde l'espoir que celui-ci reviendra à une vie morale plus proche des exigences évangéliques. Ce qui arrive : sauvé d'une tempête au retour d'une croisade, Guillaume décide de ne plus la tromper et de vivre vertueusement. A sa mort, elle fondera une abbaye de religieuses augustines à Laycodk (Lancashire) et en sera la première abesse.

Sainte Fabiola (+ 399)
Cette chrétienne, issue d'une grande famille romaine, provoque un scandale quand elle épouse un autre homme, après avoir divorcé d'un mari au caractère difficile, adultère et débauché. Devenue veuve après la mort de l'un et de l'autre, elle fera publiquement pénitence et sera absoute par le pape lui-même. Elle dépensera sa fortune pour fonder à Ostie le premier hôpital en Occident, où les pauvres seront soignés gratuitement, et deviendra disciple de saint Jérôme. Elle est la protectrice des femmes séparées.

Saint Gangolf ou Gengon
(602-760)

A 20 ans, Gangolf épouse Ganéa, une jeune fille de haute lignée, mais fort volage : « il était pieux, et elle était libertine; il aimait la prière, et elle n'aimait que le jeu et les plaisirs mondains; il fuyait le luxe et la vanité, et elle voulait toujours être vêtue superbement pour attirer sur elle les yeux des hommes lascifs; enfin, il était chaste, et elle était impudique... »
Malgré la patience et les affectueuses objurgations de son mari, elle ne veut rien changer à sa conduite. Gangolf se retirera alors dans un ermitage près d'Avallon où il mènera une vie d'austérité, offrant toute sa fortune aux pauvres. Ganéa le fera assassiner par son amant. Il est le patron des époux trompés.

Sainte Gladys  (Ve siècle)
Contre la volonté de son père, saint Brychan, roi gallois chrétien, Gladys épouse le prince Gundleus (ou Woolos), vivant dans la violence, le brigandage et l'adultère. Légère et volage, Gladys reçoit régulièrement des remontrances de son fils moine, le futur saint Cadoc. Grâce à lui, Gundleus et elle se convertiront. Lui renoncera au pouvoir et deviendra ermite près de Newport. A sa mort, Gladys se retirera dans la vallée de l'Ebbw et mènera désormais une vie de solitude et de pénitence, dans la prière.


Saint Gontran (v. 525-592)
Petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde, Gontran devient à 16 ans roi de Bourgogne à la mort de son père, Clotaire 1er. Fourbe, violent et vindicatif, il répudie sa femme, qu'il a souvent trompée, et ordonne l'exécution, entre autres, de son médecin. Mais une fois converti, il pleurera ses péchés le reste de sa vie, multipliant les œuvres de charité envers les pauvres, qui le surnommeront "le bon roi Gontran", et les dons pour les églises et les monastères. Il réunira plusieurs conciles régionaux pour la défense de l'orthodoxie. Il pardonnera aux tueurs à gage commandités par Frénégonde et mourra à Chalon-sur-Saône. Il sera rapidement proclamé saint par son peuple. Il est le saint patron des personnes divorcées, et invoqué pour apaiser les querelles familiales et pour favoriser le rapprochement de deux branches d’une famille en conflit.

Sainte Hélène, Impératrice (+ 328)
Servante d'auberge , elle est choisie comme épouse de second rang par le centurion Constance Chlore avec qui elle a un fils. Constance la répudie vingt ans plus tard lorsqu'il devient César. Quand leur fils Constantin devient empereur à son tour, il fait venir à Rome sa mère et la comble d'honneurs. Chrétienne, elle se rendra en pèlerinage en Palestine pour y découvrir les saintes reliques de la Passion (la Vraie Croix et les clous de la Crucifixion) ; elle poussera son fils à y construire trois basiliques pour protéger les Lieux Saints.

Sainte Jeanne de France ( 1464 - 1505)
Seconde fille de Louis XI, Jeanne de Valois est "de petite taille et contrefaite des épaules". Son père la marie à douze ans à son cousin Louis d’Orléans, lequel la méprise. Le frère de Jeanne devient le roi Charles VIII. A la mort de celui-ci, Louis d’Orléans devient roi sous le nom de Louis XII. Par un procès infâme, il obtient du
pape Alexandre VI Borgia l’annulation de son mariage, après vingt-deux ans d'union, dans le seul but d'épouser Anne de Bretagne. Jeanne se retirera alors à Bourges, en 1500, et sur les conseils de Saint François de Paule, fondera l’ordre de l’Annonciade, en l'honneur de la Vierge Marie, et prendra le nom de "Jeanne Marienne". Elle mourra à Bourges, à l'âge de 41 ans. Canonisée le 28 mai 1950, fêtée le 4 février. On lui confie les couples désunis.

Bienheureuse Marguerite de Savoie  (1382-1464)
Orpheline, elle est la nièce du pape Clément VII. Celui-ci décide de la marier à Théodore II Paléologue, marquis de Montferrat, veuf et père de deux enfants. Marguerite, bien que préférant être religieuse, s'incline devant la raison d'Etat. Son mari est fougueux et brutal. Elle l'amadoue peu à peu, étant une épouse attentive et en se faisant aimer de ses enfants. Veuve à trente-six ans, elle s'installera à Albe, transformant le palais en une sorte de monastère. Elle revêtira l'habit des tertiaires dominicaines et vivra cloîtrée jusqu'à sa mort.

Sainte Marguerite d'Youville   (1701-1771)
Après une enfance douloureuse suite à la mort de son père et au remariage de sa mère, Marguerite  se  marie  avec  François  Youville  en  1722 ; un beau mariage qui s’avère malheureux à cause des activités de contrebande de François qui s’adonne au commerce illicite d'alcool auprès des Amérindiens. Dépensier, il gaspille la fortune familiale. Indifférent à son foyer et volage, il s’absente souvent, laissant son épouse seule à la maison avec une belle-mère acariâtre et exigeante. Marguerite supporte tout avec patience. Elle attend leur sixième enfant quand François, à trente ans, succombe à une  pleurésie, veillé avec tendresse par son épouse. L'enfant mourra, comme trois aînés avant lui. Comme François ne  laisse  que  des  dettes, Marguerite ouvrira un petit commerce pour  assurer sa  subsistance  et  celle  de  ses  deux  enfants survivants, François et Charles, qui deviendront prêtres. Libérée alors de ses devoirs maternels, Marguerite fondera à Montréal la congrégation des Sœurs de la Charité, "les sœurs grises", qui viennent en aide à tous les malades. Béatifiée en 1959 par Jean XXIII, canonisée par Grégoire XVII en 1975, elle est la première sainte canadienne.

Sainte Monique (+ 387)
Née à Carthage (Afrique du Nord), elle est mariée très jeune à Patricius, un païen. Elle sera une épouse modèle pour ce mari infidèle et violent que sa douceur et son silence sous les reproches finiront par convertir. Veuve en 371, elle se dévouera à l'un de leurs trois enfants, le futur saint Augustin. "Elle savait, quand son mari se mettait en colère, ne pas lui tenir tête." écrit Augustin dans ses Confessions. "Non seulement pas un acte, mais non pas même le moindre mot. Le voyait-elle radouci et de sang-froid, elle en profitait pour lui donner ses raisons."

Osée le prophète (8e siècle avant Jésus-Christ)
Il épouse, sur l'ordre de Dieu, une femme nommée Gomer, qui lui est infidèle en se prostituant et en sacrifiant aux faux dieux. A travers cette expérience, Dieu fait comprendre à Osée sa propre souffrance de voir son Amour trahi par le peuple hébreux qui commet de nombreuses infidélités religieuses. Osée pardonne à Gomer  jusqu'à la racheter, car, dans sa débauche, elle s'était faite esclave. Dieu non plus ne cesse d'aimer et de racheter ce peuple qui déçoit son Amour. L'image de l'union conjugale représente l'Alliance de Dieu avec son peuple, une alliance sans fin, qui traverse les épreuves et fait confiance à l'avenir. Par sa parole et sa manière de vivre, le prophète Osée rappelle ainsi continuellement au peuple hébreux l'Alliance divine nouée avec lui par le Dieu d'Amour et de Fidélité.

Saint Paul le Simple (+ 339)
Cultivateur en Egypte, cet homme est âgé de 60 ans lorsqu'il découvre sa femme en flagrant délit d'adultère, alors qu'il refusait jusque là de croire qu'elle le trompait. Sans colère, il la laisse avec son amant, quitte tout et devient ermite dans le désert, sous la direction de saint Antoine. Son esprit d'enfance et sa soumission le feront vite surnommer "le simple".

Sainte Paule-Elisabeth   (1816-1865)
Issue d'une riche famille italienne, Paola Elisabetta Cirioli doit épouser à dix-neuf ans un sexagénaire, le comte Buzecchi, excentrique, lunatique, jaloux et acariâtre. Elle accepte tout avec patience si bien qu'on ne s'aperçoit jamais qu'elle souffre. Elle perd les trois enfants qu'elle a eus de lui. Devenue veuve, elle dépensera tous ses biens et ses forces en adoptant des orphelines et fondera la Congrégation de la Sainte Famille, afin de diffuser les valeurs familiales. Devenue sœur Paule-Elisabeth, elle mourra le 25 décembre 1865. Canonisée le 16 mai 2004 par Jean-Paul II.


Sainte Photine la Samaritaine  (1er siècle)
La tradition chrétienne appelle du nom de Photine la Samaritaine à qui Jésus a demandé à boire  au puits de Jacob avant de lui révéler les désordres de sa vie maritale : "Tu as raison de dire que tu n'as pas de mari ; des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari " (Jean 4,17.18). Après être revenue à Dieu en une conversion totale du fait de cette rencontre, elle aurait commencé à prêcher l’Evangile
avec ses quatre sœurs et ses deux fils et aurait été martyrisée sous Néron.


Sainte Radegonde (+587)
Fille du roi de Thuringe, elle est épousée de force par Clotaire, qui a assassiné son père. Cette reine des Francs pendant vingt ans refuse de craindre son mari, violent et débauché. Après qu'il a tué son frère, elle obtient de lui d'entrer en religion, grâce à la peur qu'il a de l'enfer. Il lui fait construire le monastère de la Sainte-Croix, à Poitiers et elle s'y retirera pendant trente ans.

Sainte Richarde d'Andlau (843-896)
Elle épouse de l'empereur Charles le Gros, arrière-petit fils de Charlemagne, en 862. Au bout de dix ans, elle est injustement répudiée par lui pour inconduite. Il croit en effet qu'elle le trompe avec l'évêque de Verceil, alors qu'elle n'a fait que baiser la relique qu'il porte dans sa croix pectorale. Justifiée par l'épreuve du feu, mais blessée par ce soupçon, elle quittera le château impérial et fondera l'abbaye d'Andlau à la demande d'un ange qui lui apparaît.

Sainte Rita da Cascia ( 1381-1457)
Ses parents la marient alors qu'elle voudrait se consacrer à Dieu. Face aux excès d'un mari jaloux, querelleur et violent, elle offre patiemment ses souffrances, conservant toujours calme et douceur. Par sa patience et sa persuasion, elle obtient la conversion de son époux, peu de temps avant son assassinat au bout de dix-huit ans de mariage. Rita pardonne à son agresseur. Après d'autres grandes épreuves, dont la perte de leurs deux enfants, elle se retirera chez les Augustines, à Cascia en Ombrie, pour quarante années de vie mystique intense, s'offrant pour la conversion des pécheurs et la paix au sein des foyers.
Le Seigneur la dotera  de nombreux charismes, dont celui de lire dans les consciences, ce qui lui permettra d’accompagner les éprouvées par le péché, le mensonge, ou par une vie dissolue. Elle mourra le 22 mai 1457 en odeur de sainteté. Béatifiée en 1737 et canonisée en 1900, elle est la "sainte des causes désespérées".

Bienheureuse Séraphine  (1434 -1478)
Sueva da Montefelto  est la nièce du pape Martin V.
On lui fait épouser à seize ans Alessandro Sforza, duc de Pesaro, veuf et beaucoup plus âgé qu'elle. Leur vie conjugale est un combat, chacun trompe l'autre  : Allessandro installe une maîtresse au palais, Sueva complote la mort de son mari... Au bout de dix ans de mariage, Allessandro force Sueva à entrer chez les clarisses de Pesaro et place des sbires devant le couvent pour empêcher sa fuite. Après vingt mois de cette réclusion forcée, dans la prière, Sueva se convertira et prendra l'habit de Sainte Claire sous le nom de Sérafina.  Elle passera vingt ans dans la prière, la pénitence et la paix au couvent dont elle deviendra abbesse. Béatifiée par le pape Benoît XIV en 1754 à la demande des habitants de Pesaro.

Bienheureuse Victoire Rasoamanarivo (1848 – 1894)
A Madagascar, au milieu des persécutions, Victoire se convertit au christianisme à l'âge de 15 ans. En 1864, elle se marie avec Radriaka, fils du premier ministre malgache. Ils n'ont pas d'enfant. Elle est un exemple héroïque de fidélité dans le mariage, malgré l'attitude de son mari qui mène une vie de débauche et agit en tyran domestique. Alors que son beau-père lui propose de divorcer, Victoire lui répond : "Ne savez-vous pas que Dieu nous a unis pour toujours?  Je ne divorcerai jamais !"'. En 1888, affaibli et proche de la mort, Radriaka est touché devant la patience, la tendresse et les prières de sa femme. Il demande à devenir catholique et Victoire le baptise elle-même car les missionnaires catholiques ont été expulsés. A leur retour, ils seront étonnés de trouver la communauté catholique accrue, grâce à Victoire et au frère malgache Raphaël Rafiringa. Elle se dévouera toujours aux pauvres et aux lépreux. Elle décèdera le 21 août 1894. Béatifiée par le pape Jean-Paul II le 30 avril 1989 à Antananarivo.
 
Bienheureuse Virginia Centurione Bracelli (1587- 1651)
Génoise d'une illustre famille, Virginia a l'ardent désir de devenir religieuse. Mais son père l'oblige à épouser, à quinze ans, Gaspare Grimaldi Bracelli, un jeune vaurien sans foi ni morale, qui mène une vie dissolue. Elle parvient à le convertir juste avant sa mort cinq ans plus tard. Elle refusera de se remarier et se consacrera aux enfants abandonnés, aux vieillards et aux malades. Une fois ses deux filles mariées, elle fondera deux instituts : les Soeurs de Notre-Dame du Refuge ("les Soeurs Brignolines") et les Filles de Notre-Dame du Mont Calvaire. Elle mourra le 15 décembre 1951. Béatifiée en 1985 et canonisée en 2003 par Jean-Paul II. Elle avait l'habitude de dire : "Lorsqu'on a Dieu seul pour objectif, toutes les oppositions s'aplanissent, toutes les difficultés se surmontent."

Saint Volusien  ( - vers 498)

Sénateur de Tours, il épouse une femme difficile, souffrant de problèmes psychologiques, et use envers elle de beaucoup de patience. Élu évêque de Tours à l'unanimité en 491, il dépensera avec charité toutes ses ressources pour le bien de l'Église et la nourriture des pauvres. Il sera emmené prisonnier par Alaric et ses Goths, à qui il reprochera leur impiétié ; furieux, ils le décapiteront près de Pamiers. De nombreux miracles auront lieu sur sa tombe, à Foix.



                                                        DE SAINTS COUPLES A INVOQUER :

La Vierge Marie et saint Joseph

Saints Anne et Joaquim, parents de la Vierge Marie (1er siècle)
Riches de troupeaux, menant une vie de prière et de pratique religieuse, Anne et Joachim sont cependant méprisés par le grand prêtre à cause de la stérilité d'Anne ("la Grâce"). Après vingt années de prière, ils donnent naissance à Marie, qui sera la Mère du Messie et qu'ils consacrent au Seigneur.

Priscille  et Aquila    1er siècle

Prisca et Aquilas sont des disciples de saint Paul. Ce couple de tisserands juifs est chassé de Rome en 49, lors de l'édit de  Claude. Paul travaille avec eux à Corinthe, à fabriquer des tentes. Ils l'accompagnent à Ephèse, évangélisant et rassemblant l’Église dans leur maison en risquant leur tête pour sauver la vie de l’Apôtre qui leur rend plusieurs fois hommage. Il les salue d'ailleurs dans plusieurs de ses lettres. On les retrouve à Rome, après la mort de Claude, en 54, pour accueillir l’apôtre prisonnier. "L’œuvre réalisée par Priscille et Aquila, qui sont reconnus par saint Paul comme des précieux collaborateurs de son apostolat, manifeste que l’action des époux chrétiens est importante. Soutenu par la même foi et par une forte spiritualité, le couple est appelé à prendre sa part de responsabilité à l’égard du Corps mystique du Christ. De même, toute famille est invitée à être une petite Église et la relation conjugale est à entendre en relation avec la communion sponsale qui relie le Christ et l’Église." Catéchèse de Benoît XVI

Saints Henri II et Cunégonde  (973-1024) (975-1033)
Obligé de se marier quand il devient roi de Bavière, Henri refuse ensuite de répudier Cunégonde pour stérilité, contrairement à la tradition. En 1002, devenu empereur, il conduit le futur saint Etienne, roi des Hongrois, à accueillir la foi du Christ avec presque tout son peuple. Le couple impérial protége toujours les pauvres et lutte contre les injustices. Henri deviendra oblat bénédictin. N'ayant pas d'héritier, à sa mort, c'est le Christ qu'il nommera légataire de tous ses biens. Cunégonde, un an après la mort de son époux, se retirera dans un monastère de bénédictines. Canonisation d'Henri en 1146, et de Cunégonde en 1200.

Bienheureux Lucchese ou Luchesio et son épouse Bona (1180-1260)
Luchesio arrive à Poggibonsi pour y faire commerce avec son épouse, Buonadonna Segni. Tous deux s'attachent à l'argent et leur coeur s'endurcit dans l'avarice et la prétention. Luchesio est alors touché par la grâce en rencontrant François d'Assise, son ancien compagnon de jeunesse, qui cherche à fonder l'Ordre de la Pénitence ou Tiers-ordre franciscain. Premiers disciples laïcs mariés, Luchesio et Bona revêtent l’habit du tiers-ordre et se mettent avec un esprit évangélique au service de Dieu et de son prochain dans la simplicité, l’humilité et la joie. Pensant à la rencontre de Jésus et Zachée, Luchesio répare les torts causés lorsqu'il était marchand de grain et de viande de cochon, en vendant ses biens en faveur des pauvres. Les époux sont si unis que Dieu leur fera la grâce de mourir à quelques heures de distance, Luchesio demandant à Bona mourante de l'attendre. Tous deux sont honorés comme "amis des pauvres".

Carlo Tancredi Falletti, marquis de Barolo, et son épouse, la vénérable Juliette Colbert de Barolo (1782-1838)
Tancrède et Juliette découvrent qu’ils possèdent en commun une foi profonde, une vaste culture, le désir de s’engager pour améliorer la société. Pourtant leurs tempéraments s’opposent : douée d’un esprit brillant et prompt à la répartie, elle est impétueuse ; lui, en revanche, est doux, réservé et méditatif. Leur mariage est célébré à Paris le 18 août 1806. L’importante fortune des deux familles permet aux jeunes époux de mener une vie insouciante jusqu’à la chute de Napoléon en 1814. Installés à Turin, ils séjournent souvent à Paris. Au cours de leurs voyages, ils visitent les nouvelles institutions sociales inspirées de l’Évangile. Leur vie est, cependant, douloureusement marquée par la stérilité. Malgré cette épreuve, leur affection mutuelle va se purifier et se fortifier, car elle repose sur les vertus de foi et de charité. Adhérant à la volonté divine, ils acceptent de ne pas avoir d’enfants et adoptent à leur place les pauvres de Turin ; ils vont connaître ainsi une ample fécondité spirituelle. Tancrède meurt paisiblement, dans les bras de Juliette le 4 septembre 1838. Celle-ci rend son âme à Dieu le 19 janvier 1864. C’est dans le chœur de l’église Sainte-Julie que reposent aujourd’hui les restes des époux Barolo. Leurs procès de béatification se sont ouverts en 1991 pour Juliette et en 1995 pour Tancrède. Le 5 mai 2015, l’héroïcité des vertus de Juliette a été reconnue ; de ce fait, elle est devenue vénérable, première étape sur le chemin de la béatification


Bienheureux Luigi et Maria Quatrocchi (1880-1951)  (1884-1965)
Mariés le 25 novembre 1905 à Rome, ces époux ont mis au monde quatre enfants (dont l'un des fils deviendra prêtre et l'autre trappiste, l'une des filles bénédictine et l'autre laïque consacrée).  Jean-Paul II a béatifié ces saints époux un siècle plus tard, fixant leur fête à ce jour du 25 novembre, car c'est au titre de sa vie dans le sacrement du mariage que ce couple a été béatifié, ce qui était une première dans l'Eglise. "Le chemin de sainteté accompli ensemble, comme couple, est possible, beau, fécond." "Ils ont vécu une vie ordinaire de façon extraordinaire." Ils sont ainsi le premier couple non martyr de l'Histoire de l'Eglise à être béatifié.

Saints Louis et Zélie Martin  (1823-1894)  (1831-1877)
Mariés le 12 juillet 1858
, "parents de Sainte Thérèse de Lisieux, Louis et Zélie Martin ont fait de leur Nazareth au quotidien un chemin de sainteté. L'Église les proclame bienheureux dans le sens où ils ont vécu l'esprit des Béatitudes. Ils nous sont donnés comme témoins de la sainteté de Dieu."
Béatifiés aussi ensemble par Jean-Paul II le 19 octobre 2008, ils font partie des saints patrons du mouvement "Notre-Dame du Joug".
Canonisés par le pape François le 18 octobre 2015, au cours du Synode sur la famille, en la journée missionnaire mondiale pour les Missions.

Vénérables Sergio et Domenica Bedoni Bernardini.